Depuis plusieurs temps,
déjà, pour différentes raisons, la vie de nos futurs flibustiers ne leur
convenait plus. Ils avaient l'impression d'être des pions, des marionnettes,
des insectes. De leurs rêves d'enfants, ils avaient l'impression de n'avoir
rien réalisé. Ils n'avaient plus goût à rien, vivaient comme des robots. Parfois,
même, l'idée de la mort leur était venue... Mais parfois aussi, une idée plus
séduisante leur avait traversé l'esprit: celle de devenir pirate! Goûter à
cette liberté, à cette aventure incarnée par Stella Bell, la capitaine pirate
légendaire, dont même l'Omni-cartel Galactique relaie les exploits à travers
des reportages toujours plus sensationnels. Prise de navire, libération
d'esclaves, de captifs, romance, fêtes, sensualité... Oh oui, cette envie leur
était venue... Ce refus de médiocrité, ce besoin de s'opposer à l'idée d'une fin
de la galaxie imminente. Eux aussi voulaient vivre une existence pleine de
passion et lutter farouchement contre l'absence d'idéaux et d'engagements
politiques de leurs congénères, essayer de changer la société du dernier
millénaire, d'enrayer les dictatures des nations stellaires et la barbarie des
pillards...
Mais au lieu de cela, ils se trouvaient
dans cette maudite frégate de l'OCG (un
galactic guardian portant le nom de "Profit"). Différentes raisons
les avaient menés à s'y trouver. De la pire à la meilleure. Dans tous les cas,
ils y étaient. Et la piraterie, ils ne pouvaient guère qu'en rêver. Car pour
conquérir sa liberté, il fallait en avoir l'occasion. Et jusqu'à ce jour-là,
soit ils n'avaient jamais osé, soit ils n'y étaient jamais arrivés!Alors donc, tandis que Noshan Kango (Cédric), un ancien officier de la section Recherche et Développement de la Ligue des Planètes Libres en fuite, mutant de son état, avait réussi à embarquer sur ce vaisseau de commerce de l'Omni-Cartel galactique en tant qu'ouvrier d'entretient, Mary Murphy (Sophie), affectée comme pilote à bord du même vaisseau depuis 4 années, se morfondait tant les missions de suivaient et se ressemblaient.
Du côté d'Akamado (Pascal) et Guilermo Argones (Thibault), la situation était encore plus désespérante. Le premier, fuyant la barbarie sanguinaire des barrens, s'était fait capturer par l'OGC car voyageant sans papier. Au vu de ses origines mutantes, les fonctionnaires de l'empire commercial s'était fait une joie de lui dresser un procès dont l'issue devait le mener à acquérir le titre et la fonction d'ouvrier d'extraction privé de droit, c'est-à-dire esclave. Le second, pirate depuis plusieurs années, s'était fait capturer par une patrouille qui lui était tombé dessus sans qu'il ne comprenne trop pourquoi, alors qu'il se rafraichissait dans un bar. Une délation, sans doute... Les deux se trouvaient maintenant au fond des cales de la frégate.
Depuis quelques jours,
le galactic avait quitté l'hyperespace, en route pour une obscure planète du
nom d'Aléa, du système Tengus... Une de ces planètes parmi les milliers
d'autres à faire commerce avec l'OCG, évidemment. Le voyage se poursuivait sans
surprise lorsque soudain, un violent choc se fit sentir, projetant de nombreux
membres de l'équipage et passagers à terre. L'obscurité enveloppa pendant un
bref instant le vaisseau, pour être rapidement déchirée par un rougeoiement crevant
le noir par intermittence, accompagné du son strident des sirènes.
Des pillards des Barrens
passaient à l'attaque! De surcroit, au vu de la violence du choc, ils
semblaient équipés de lance-missiles et possédaient un vaisseau du même tonnage
que celui à bord duquel se trouvaient nos futurs héros... Même si, en voyageant
aux frontières des territoires non-conquis, ce genre de risque était envisagé,
se faire attaquer par un navire aussi lourdement armé était inattendu!
L'équipage tentait bien de s'organiser sous la férule du capitaine Corvers,
mais rapidement, il fut évident que le "Profit" subissait de nombreux
tirs et que les avaries s'accumulaient. Le destin de nos pirates en devenir
s'assombrissait.
Mary avait réagi en
femme d'action, quittant ses quartiers pour rejoindre le poste de pilotage.
Malheureusement, à peine eut-elle le temps d'y arriver que de nouvelles
secousses mettaient l'équipage sans-dessus-dessous. Lorsqu'elle pu faire un
tour de la situation, elle se rendit compte de sa gravité. Les moteurs du
vaisseau étaient à l'agonie et de nombreux systèmes secondaires avaient lâché.
De plus, le navire ennemi était déjà en position d'abordage, grâce au pont
rétractable dont il était équipé! Et pour ne rien gâter, elle se rendait
également compte que la barge de sauvetage était déjà partie, emportant manifestement
avec elle son capitaine et le restant des officiers...
De son côté, Noshan
avait directement cherché à quitter sa cabine, malgré l'interdiction mise en place.
Suivi par deux autres mutants, il chercha rapidement à rejoindre la barge de
sauvetage, pour se rendre compte qu'elle n'était plus là. Espérant trouver un
autre moyen de fuite, il se décida à rejoindre les soutes. Là-bas, il ne trouva
aucun vaisseau, mais au moins put-il délivrer deux hommes enfermés dans les
cales et manifestement habitués à guerroyer, ce qui allait sans doute servir,
vu le risque d'abordage imminent. Akamado et Guilermo, les deux rescapés,
puisqu'il s'agissait d'eux, eurent à peine le temps de se présenter que des
pillards rugissant survenaient des coursives. Dans sa cabine de pilotage, Mary
vivait la même situation, elle et les 5 hommes d'équipages restés en sa
présence...
Le combat fut intense,
violent et heureusement en faveur de nos aventuriers. Mary, même si elle avait
vu tous ses équipiers se faire abattre, avait tenu bon, retranchée derrière une
borne de pilotage. Elle avait fait feu à tout va de son pistolet laser et avait
réussi à tuer tous ses assaillants. Noshan, Akamado et Guilermo avaient
également réussi à s'en sortir plus ou moins indemnes malgré la violence des
pillards. En effet, Guilermo, bretteur téméraire, avait surpris ses adversaires
en se jetant sur eux au corps-à-corps. Profitant du désordre créé ainsi par le
Havanais, Akamado avait allumé consciencieusement plusieurs ennemis, pendant
que Noshan faisait de son mieux pour offrir un tir de soutien. Au final, malgré
la triste fin des deux autres mutants qui accompagnaient au départ Noshan, ils se
trouvaient tout trois debout tandis que leurs adversaires agonisaient au sol.
Le trio se mit alors en
route vers le poste de pilotage, armes en main, prêt à en découdre... Mais ils
s'avisèrent rapidement que le gardian n'était plus qu'un énorme tombeau. Hâtant
le pas, ils réussirent à rejoindre le poste et par-là même Mary, cette dernière
n'en revenant toujours pas d'être encore en vie au vu du nombre de pillard qui
avaient tenté d'investir son poste. Les survivants, une fois qu'ils furent
assurés d'être débarrassés des attaquants (ces derniers avaient manifestement
rompu le combat en voyant qu'aucun des assaillants ne revenait de l'abordage),
firent le point. Le navire se désagrégeait, nombreux étant les compartiments
inaccessibles, mais une chance leur restait: sur les senseurs tremblotants,
pointait une planète sauvage ou presque: Tengus 4.
Animés par leur
instinct de survie, les héros se répartirent les tâches: pendant que Mary
tentait de garder le contrôle du vaisseau, secondée par Guilermo au poste de
vigie, Noshan et Akamado couraient vers la salle des machines pour essayer de
sauvegarder le peu de puissance qu'il restait aux moteurs.
Le
gardian, se résumant de plus en plus à un amas de métal incandescent, avait
atteint et dépassé l'atmosphère. Les avaries continuaient à s'accumuler. D'énormes
pans du navire s'en détachaient. Criant dans le micro, Mary intima l'ordre aux
survivants de se sangler. Serrant les dents, elle amorça la procédure d'amerrissage
d'urgence... Le sort en était jeté! Le choc fut une fois de plus violent
lorsque la frégate, ou ce qu'il en restait, entra en contact avec la mer... Et
plus sévère encore fut-il lorsqu'elle s'échoua sur la plage. Mais Mary était
manifestement une pilote d'exception, puisque les 4 rescapés étaient encore en
vie! Se désanglant en vitesse, ils se précipitèrent vers le premier sas
restant, sachant bien que dans son état, le navire pouvait exploser n'importe
quand. Une fois arrivé à la sortie, ils
se saisirent de deux caisses de survie, puis sautèrent sur la plage, pour
s'enfuir le plus loin possible de l'épave en feu...
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire